MADONE.s

Série test réalisée en 2026.

MADONE.s

Un nouveau projet photographique en construction autour de la figure de la Madone.
Si nous devions aujourd’hui représenter une madone, c’est à dire la représentation de la vierge Marie, comment ferions-nous ?
Sans doute l’icônographie serait moins emprunte de religion, plus diversifiée dans la couleur de la peau, dans la morphologie des corps, non genrée parfois, plus libres et plurielles dans ses expressions… et sans doute plus vierge !

Voici le point de départ d’un nouveau projet qui sacralise le féminin à l’endroit de la liberté, loin de la possession, de l’objectification et des injonctions que la société « moderne » nous impose encore.

#Les personnages autours- le contexte de la Madone.

En fonction des pays et des cultures, la madone est présentée globalement de la même manière : Une femme tenant un enfant, souriante (rarement) ou pas, et allaitant ou suggérant l’allaitement avec un sein gonflé sortant du vêtement. Si l’on se contente de juste garder la symbolique, on voit une femme qui à elle seule, à la puissance de créer, d’engendrer, de nourrir. Le masculin (lorsqu’il est là, ce qui rare), est plutôt sous les traits d’un divin vieillard, du (saint)père, en retrait ou en second plan.
Si l’on s’en tient finalement à ça, avec nos yeux éclairés par la pensée féministe, on se dit que les rôles familiaux de l’époque ont perduré jusqu’à aujourd’hui ! Est ce que la représentation de la madone est un acte de militantisme ? un témoignage ?

Aujourd’hui représenter l’entourage de la Madone ne se limiterait plus à l’enfant. Elle a un ou des fréquentations, relations, un ou des métiers, une ou des passions, occupations, addictions… Les enjeux entre les personnages seraient plus diversifiés et pas uniquement nourriciers ! Indiscutablement une piste à creuser.

#L’autel de la Madone.

Autre chose qui me questionne en lien avec la représentation du sexe féminin cette fois : La Madone est parfois représentée sur un petit socle dans une « mandorle » (en forme d’amande). Comme si elle était à l’abri d’une cavité ou dans une grotte en forme d’amande. Et, souvent, elle a un voile qui couvre une partie de ses cheveux (dont certains se dévoilent), voile qui fond jusqu’à ses pieds. Le voile, également en forme d’amande, est souvent représenté avec des ondulations, au niveau du haut de part et d’autre de Marie. Si la psychologie a mis à jour que certains de nos objets étaient consciemment ou inconsciemment fait de forme phallique, la représentation de Marie est très clairement évocatrice du vagin.

Sur ce point il me semble que la Madone moderne est plus en avance que le masculin : elle milite pour être traitée comme un homme, par exemple être torse nu à la piscine, dans l’espace public, c’est à dire dé-érotisée et pouvoir être nue plus souvent, alors que les hommes ne sont pas prêts à accepter ça pour eux même.
Voilà aussi une piste de travail pour ce projet.

Il y aura là encore de quoi faire sortir la Madone du contexte dans lequel elle se retrouve coincée ! À SUIVRE !