Série test réalisée en juin 2026.
MADONE.s
Un nouveau projet photographique en construction autour de la figure de la Madone.
Si nous devions aujourd’hui représenter une madone, c’est à dire la représentation de la vierge Marie, lorsqu’elle a enfanté, comment ferions-nous ?
Sans doute l’icônographie serait moins emprunte de religion, plus diversifiée dans la couleur de la peau, dans la morphologie des corps, non genrée parfois, plus libres et plurielles dans ses expressions… et sans doute plus vierge !
Voici le point de départ d’un nouveau projet qui sacralise le féminin à l’endroit de la liberté, loin de la possession, de l’objectification et des injonctions que la société « moderne » nous impose encore.
#Les personnages autours- le contexte de la Madone.
En fonction des pays et des cultures, la madone est présentée globalement de la même manière : Une femme tenant un enfant, souriante (rarement) ou pas, et allaitant ou suggérant l’allaitement avec un sein gonflé sortant du vêtement. Si l’on se contente de juste garder la symbolique, on voit une femme qui à elle seule, à la puissance de créer, d’engendrer, de nourrir. Le masculin (lorsqu’il est là, ce qui rare), est plutôt sous les traits d’un divin vieillard, du (saint)père, en retrait ou en second plan.
Si l’on s’en tient finalement à ça, avec nos yeux éclairés par la pensée féministe, on se dit que les rôles familiaux n’ont pas bougé !
Aujourd’hui représenter l’entourage de la Madone ne se limiterait plus à l’enfant, d’ailleurs il n’y en aura pas systématiquement. Elle a une ou des fréquentations, relations, un ou des métiers, une ou des passions, occupations, addictions… Les enjeux entre les personnages seraient plus diversifiés et pas uniquement nourriciers dans un lien maternel…
#L’autel de la Madone.
Autre élément remarquable en lien avec la représentation du sexe féminin cette fois : La vierge (sans l’enfant) est parfois représentée sur un petit socle dans une « mandorle » (en forme d’amande). Comme si elle était à l’abri d’une cavité ou dans une grotte en forme d’amande. Et, parfois, elle a un voile qui couvre une partie de ses cheveux (dont certains se dévoilent), voile qui fond jusqu’à ses pieds. Le voile, également en forme d’amande, est souvent représenté avec des ondulations, au niveau du haut, de part et d’autre de Marie. Si la psychologie a mis à jour que certaines de nos réalisations manufacturées étaient consciemment ou inconsciemment de forme phallique, il est facile d’y voir dans certaines représentations de Marie ou de cette mandorle, une évocation symbolique du sexe féminin.
Là encore il sera intéressant de transgresser l’environnement habituel, sortir la Madone de son autel, de son voile, de sa représentation symbolique.
#Le projet
L’envie de représenter autrement la Madone est venue du travail de Nathalie Rogeau, qui conçoit des « coffres – autels », dans lesquels trônent des icônes religieuses à l’esthétique kitsch. Avec tous les effets du spectacle (lumières, effets, couleurs, moteur) le dispositif, lorsqu’il est ouvert, anime la statue de Marie ou de Jésus. La démarche est intéressante car elle créé une situation paradoxale en plaçant la statuette très figée, porteuse d’histoires plutôt austères, sur un dance floor disco. C’est donc naturellement que nous avons décidé de collaborer ensemble pour ce projet.
À l’instar de Traversé.es, le projet MADONE.s est constitué des mêmes étapes de travail : Repérage du lieu – Écriture du scénario – casting des modèles, des accessoires, de la lumière, du costumes – Shooting – Post Prod.
#AGENDA
Mai – Juin : écriture du projet. Shooting test.
Septembre : Recherche de lieux, de partenariats et de soutiens.

